|
Décryptage
Banco ? Bitcoin fait son trou dans la banque
|
|
|
Grâce à un partenariat entre le prestataire de paiment Aqoba et startup Paymium, la monnaie virtuelle Bitcoin va pouvoir transiter légalement au sein du système bancaire. Une première mondiale. “Avec Bitcoin, payer et vendre sans les banques” titrait en novembre dernier Le Monde, dans un article décrivant le fonctionnement de cette monnaie virtuelle cryptée et anonyme, dont le fonctionnement repose sur un logiciel open-source et en peer-to-peer. Certes, le projet de bitcoin, né en 2009, se voulait au départ d’inspiration sinon anarchiste, au moins anti-banque, mais les choses sont peut être en train de changer. Victoire made in FranceC’est en effet un véritable coup de force que la startup française Paymium a annoncé le 6 décembre dernier sur l’un des forums de la communauté de bitcoin :
En fait, il s’agit d’une victoire d’un duo français acquise dans le cadre d’un partenariat entre Paymium, qui développe la plateforme Bitcoin Central et le prestataire de paiement en ligne Aqoba. Grâce à celui-ci, les clients de Paymium pourront donc transférer leurs bitcoins en tout sécurité et en toute légalité par exemple via à l’application mobile Paytunia que développe Paymium, mais aussi bientôt avec une simple carte bleue, promet la startup. Les clients disposeront même d’un numéro IBAN leur permettant de facturer ou de recevoir leurs salaires versés directement sur leur compte, précise le CEO de Paymium. Concrètement, les fonds des clients de la plateforme Bitcoin-Central seront désormais déposés dans un compte spécifique en leur nom, tenu par le Crédit Mutuel Arkéa (partenaire de Aqoba). De son coté, Aqoba, qui dispose d’une licence bancaire de prestataire de service de paiement (équivalent du statut d’établissement bancaire mais sans autorisation d’émettre des crédits), fournit à Paymium toute l’infrastructure juridique et technique pour gérer les transactions en euros et en bitcoin, au sein de toute la zone euro. Cerise sur le gâteau, les comptes de paiement (en euros) confiés seront mêmes protégés par le Fonds de Garantie des Dépôts Français, sorte d’assurance des banques qui s’engage à rembourser les clients des banques en cas de faillite. Flou juridiqueSpectaculaire, la nouvelle est d’autant plus surprenante que la Banque Centrale Européenne elle-même s’inquiétait dans un récent rapport (pdf) de l’émergence des monnaies virtuelles, qu’elle jugeait dangereuse pour sa propre réputation. Et surtout, dans ce rapport justement critiqué par Gonzague Grandval (CEO de… Paymium), les experts de Francfort jugeaient le cadre légal de bitcoin “très incertain”. En effet, le rapport précise qu’une monnaie telle que bitcoin ne pourrait être considérée comme une monnaie électronique telle que spécifiée par la directive européenne “DME2″ (que la France n’a d’ailleurs toujours pas transposée !), au regard du fait que la valeur des unités de bitcoins ne peut être garantie. Enfin, ”Bitcoin est clairement en dehors du cadre de la directive sur les services de paiement” concluait également l’institution. Sur ces motifs, une décision de la cour d’Appel de Paris avait disqualifié Bitcoin du statut de monnaie électronique, (conduisant à la fermeture du compte de la société Macaja au Crédit Industriel et Commercial), avant de botter en touche sur le statut exact de la monnaie virtuelle chiffrée. ![]() Illustration Le Monde Central banker is watching you?Alors pourquoi donc la Banque de France se risque-t-elle dans l’aventure ? Dans la communauté bitcoin, certains se méfient :
Mais pour David Francois, qui s’exprime au nom de Paymium sur le forum bitcointalk, ces craintes ne sont pas justifiées. Il répond : “les battre à leur propre jeu, c’est comme ça que je vois les choses“, avant d’ajouter :
Du côté de la Banque de France, aucun commentaire officiel n’a été diffusé à ce jour. Mais selon une source confidentielle, la banque centrale pourrait effectivement chercher à connaître la quantité de monnaie en circulation “par un moyen détourné“… Le retour de Bitcoin ?![]() Cours du bitcoin En tout cas, cette nouvelle va certainement allumer de nouveau tous les projecteurs sur la communauté bitcoin, qui s’était fait un peu oublier après ses déboires en 2011. La monnaie avait essuyé le feu des critiques avant de finalement subir un désintéressement de l’opinion publique suite au piratage de Mt Gox, la principale plateforme de transactions en bitcoin de l’époque, sur fond de dénonciations d’un sénateur américain outré par les activités illégales qu’une telle monnaie permet (achat de drogues, blanchiment…). Mais les fondateurs de Paymium eux, semblent s’inscrire dans une autre approche :
Mais le futur de la monnaie tel que proposé originellement par le projet Bitcoin est-il soluble dans le système bancaire actuel ? Crédit photo : 3 commentsLeave a Reply |
EventsMore OuiShare Events →Like us on facebookNewsLa Machine du Voisin fait carton pleinby Plateforme de mise en relation les heureux propriétaires de machines à laver avec leurs voisins qui n'en possèdent pas, La Machine du Voisin a fait un carton plein en 2012.165 days and 20 hours ago → Disco Soupe veut grandir libreby Pour accélérer son développement dans les territoires, le collectif Disco Soupe, qui organise des événements de sensibilisation au gaspillage alimentaire, lance une campagne de financement participatif.195 days and 17 hours ago → ¡Sí, OuiShare ya habla español!by La communauté OuiShare est heureuse de vous annoncer le lancement de notre magazine en langue espagnole.201 days and 20 hours ago → OuiShare Tour : "L'économie collaborative, une opportunité pour les territoires"by Le OuiShare Tour c'est une dizaine d'étapes en 15 jours à travers toute la France. Venez rencontrer les acteurs locaux de l'économie collaborative !203 days and 20 hours ago →
More Articles →
|
See also : More articles, More "Décryptage" |
|
|
Dossier
Oui, l’économie collaborative...
|
Point de vue
Parole d'investisseur : "Tout...
|



“Cerise sur le gâteau, les dépôts de bitcoin confiés au Crédit Mutuel seront mêmes protégés au même titre que les comptes en euro : par le Fonds de Garantie des Dépôts Français, sorte d’assurance des banques qui s’engage à rembourser les clients des banques en cas de faillite.”
D’après toutes les sources que j’ai vu, le Fonds de Garantie des Dépôts Français ne garanti que les montants en euros.