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Pratique
Vous aussi, passez au transport de demain!
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Nos voitures restent à l’arrêt 92% du temps, polluent, et nous coûtent de plus en plus cher. Entre le coût de l’achat, l’entretien et l’utilisation, le budget moyen d’une voiture dépasse les 5500 € par an. Une conclusion logique s’impose : pourquoi ne partageons-nous pas nos voitures ? La technologie est prête, et la confiance nécessaire au bon fonctionnement du système peut être générée par les systèmes de réputation. Mais vous allez me dire : « Oui mais la voiture, c’est compliqué, on y est très attaché ». Eh bien, pas si sûr : les changements de mentalité en cours, notamment venant des plus jeunes générations, semblent indiquer le contraire… Voici un état des lieux des nouvelles possibilités offertes par la mobilité partagée, phénomène qui s’accélère depuis quelques mois.
Tel était l’intitulé d’une conférence-débat organisée par Silicon Sentier à La Cantine en juin dernier. Le point de départ de cette réflexion est simple : si les besoins en transports sont loin de diminuer, la perception de la voiture a beaucoup évolué au fil du temps. En quelques décennies, la voiture est passée du rang de témoin de réussite socio-professionnelle et de liberté individuelle à celui de contrainte économique (coût d’acquisition et d’entretien) et productive (congestion sur les routes et en ville, impact environnemental, etc.). L’émergence de nouveaux services à la mobilité permise par l’arrivée d’acteurs extérieurs au monde traditionnel de l’automobile a permis de replacer la mobilité – et non plus l’automobile – au centre du débat sur les transports. L’automobile et l’individu : naissance et fin d’une grande histoire d’amour
Cette perception de la voiture est aujourd’hui bouleversée par le nouveau rapport des jeunes générations à la voiture comme l’explique un rapport récent du GWL Realty Advisors (pdf) :
Les moins de 30 ans la considèrent de plus en plus comme une contrainte – tout d’abord financière (coût d’acquisition, assurance, essence, parking, entretien, etc.) mais également productive (infrastructures routières congestionnées, centres urbains bouchés) et environnementale. Il en résulte une transformation de la façon dont les individus pensent la mobilité et une prise de conscience progressive que si le besoin de déplacement n’a pas disparu (bien au contraire), ce n’est pas la possession d’un véhicule mais bien son utilisation qui permet d’assouvir ce besoin. Ce nouveau rapport à la voiture aura évidemment des conséquences sur l’industrie automobile dans son ensemble, comme l’affirme John Elkington dans le Guardian :
De la voiture personnelle aux services de mobilitéFace à cette contestation croissante du modèle « une automobile par personne », on assiste à l’avènement d’un nouvel écosystème de la mobilité, qui se traduit par l’arrivée de nouveaux acteurs dans le monde du transport automobile. Ces entreprises proposent des alternatives novatrices en termes de mobilité visant soit à remplacer, soit à améliorer l’utilisation de véhicules privés. Quelles formes revêtent ces nouveaux services de mobilité partagée ? Le covoiturage, forme la plus connue – et répandue – de mobilité partagée, connaît actuellement un essor fulgurant. Alors qu’il y a une dizaine d’années, le covoiturage ne se faisait qu’avec des amis ou des collègues, plusieurs sites se proposent aujourd’hui de mettre en contact les particuliers souhaitant partager un trajet en voiture et les frais associés. Lancé en 2004, Covoiturage.fr a franchi en avril le cap du million de membres et génère chaque mois des partages de trajets pour 250.000 personnes, pour un total de 6 millions de voyages depuis sa création. En plus d’être bien plus économique qu’un billet de train, le covoiturage peut être l’occasion de rencontrer des personnes qui partagent les mêmes centres d’intérêt que vous. Et, si vous vous inquiétez de la possibilité que votre conducteur (et réciproquement votre passager) vous pose un lapin, rassurez-vous, Covoiturage.fr a pensé à tout : de même que sur eBay, les membres s’évaluent régulièrement permettant ainsi à chacun de sélectionner en connaissance de cause ses partenaires de voyage. L’autopartage, qui selon Wikipédia se réfère au « système dans lequel une société, une agence publique, une coopérative, une association, ou même un groupe d’individus de manière informelle, met à la disposition des clients ou des membres du service un ou plusieurs véhicules ». En France, excepté dans quelques régions, l’autopartage n’a pas connu un développement aussi prononcé que dans d’autres pays comme la Suisse avec Mobility ou les Etats-Unis avec Zipcar. L’arrivée d’Autolib pourrait changer la donne. La location de voitures entre particuliers peut être considérée comme une forme d’autopartage au sens large, mais c’est une forme de partage bien plus révolutionnaire – et plus aboutie – puisqu’elle connecte directement les particuliers entre eux. Et ce marché en pleine expansion pourrait bien devenir une réelle alternative à la propriété individuelle d’une voiture. Bon nombre de plateformes proposent des services de location de voitures entre particuliers comme Zilok, Deways, CityzenCar, Livop, Unevoiturealouer, ainsi que le récent Buzzcar, fondé par Robin Chase (déjà fondatrice du réseau américain Zipcar, leader mondial de l’autopartage). Dans un article sur l’économie du partage publié sur le blog de Buzzcar, Robin Chase résume ainsi le principe de ce type de plateformes :
Voiturelib, lancé en mai 2010, est l’un des pionniers de cette nouvelle forme de mobilité partagée. Le site permet de mettre en relation les particuliers souhaitant optimiser l’utilisation de leur véhicule et ceux qui désirent en louer une, et leur offre également une assurance à la location afin de rassurer davantage les membres de sa communauté. Alors, convaincu ? Vous aussi, vous voulez tester ? Rien de plus simple : Cas n°1 : Vous n’avez pas de voiture, mais votre cher voisin en a une qui a la fâcheuse tendance de rester stationnée bien trop longtemps ? Téléchargez ce petit flyer et glissez-le dans sa boîte aux lettres !
Cas n°2 : Vous avez une voiture et vous êtes en train de vous rendre compte que vous vous en servez bien moins souvent que prévu ? Alors commandez votre autocollant !
Cas n°3 : Vous avez une voiture, vous la louez déjà sur un site de location entre particuliers. Eh bien, faites comme Louis en personnalisant votre voiture pour donner envie à des personnes de la louer. Mais que font les constructeurs automobiles ?Les constructeurs commencent à prendre conscience des modifications fondamentales de la demande des utilisateurs et rivalisent pour proposer des offres de mobilité ou d’autopartage adaptées aux nouveaux usages. Parmi les nouvelles offres qui pourraient vous intéresser, Peugeot figure en tête des constructeurs français, avec son offre de mobilité « Mu by Peugeot » (www.mu.peugeot.fr) lancée en 2010. Celle-ci propose aux particuliers de consommer à la carte des services de mobilité allant du vélo électrique au véhicule utilitaire, en passant par le scooter pour les déplacements urbains ou le cabriolet pour les weekends romantiques. L’offre Mu permet ainsi à ses utilisateurs d’avoir accès à un large éventail de solutions de mobilité, y compris les véhicules hybrides les plus récents, sans avoir à faire face aux coûts grandissants liés à la possession d’une voiture. Peugeot serait-elle en train de cannibaliser ses propres produits ? Pas nécessairement, puisque d’après le Guardian, 55% des utilisateurs de Mu ne possèdent pas de voiture, 60% ont moins de 35 ans, et 85% n’ont jamais possédé de véhicule Peugeot. Au-delà de Peugeot, Citroën a également lancé une offre de mobilité intitulée Multicity. Mais l’initiative de Citroën comme celle de Peugeot ressemblent plus, d’après les experts de la mobilité, à des tests du marché qu’à des changements de cap stratégiques. Alors autopartage, covoiturage, etc., simple mode écolo, me direz-vous ? Probablement pas. Même en Allemagne, le fief européen de l’automobile, la possession d’une voiture est de moins en moins plébiscitée comme le montrent ces statistiques :
Cette désaffection pour la voiture particulièrement marquée en Allemagne est telle que les principaux constructeurs automobiles (Daimler, BMW, mais également Volkswagen) proposent dorénavant de vraies solutions d’autopartage. Leur stratégie dans tout ça ? Plutôt que de rester les bras croisés à regarder les ventes de voitures diminuer inexorablement, ces constructeurs préfèrent permettre aux conducteurs ne désirant pas acheter de voiture immédiatement de vivre l’expérience de leur marque et de s’y habituer, en espérant que le jour où ils désireront en acquérir une, leur choix se portera vers leur marque respective. Et vous le partage de voitures, ça vous parle ? Si vous en possédez une, seriez-vous prêt à la partager ? Crédit illustration No commentLeave a Reply |
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L’histoire d’amour entre l’individu et l’automobile commence en 1908, lorsque la Ford T sort des entrepôts de la Ford Motor Company et devient la première voiture accessible à tous. Depuis, les constructeurs automobiles n’ont cessé de promouvoir la voiture en tant qu’objet universel et indispensable, et sont parvenus à créer chez les conducteurs un rapport affectif pour ne pas dire fusionnel à leur voiture. Au fil des années, la voiture est ainsi devenue le compagnon de la famille, puis l’indispensable objet à acquérir car reflet de la réussite sociale.
